techniques et procédés
Dans cette rubrique, je ne donne pas de recette figée. Au contraire, je propose quelques explications sur les techniques et procédés que j'emploie dans le but unique de faire partager mes expériences. Si vous avez des questions, des idées, des suggestions, n'hésitez pas à me contacter, car plus on partage, plus on apprend.


pelliculage de polaroïd

Matériel nécessaire
- Une chambre grand format
- Polaroïd type 59
- Papier aquarelle
- Une ou deux cuvettes
- Une feuille d'acétate
- Une casserole
- Une pince à tirages
- Des ciseaux, un cutter

Et des mains adroites!!!

Procédé
Cette technique offre une grande liberté de création, et, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, elle est assez simple à mettre en oeuvre.
Pour ce qui me concerne, j'utilise des polaroïd couleur 4x5" référence 59. Après les avoir exposé à la chambre (Sinar F2), je les laisse se développer normalement en suivant les indications de temps en fonction de la température ambiante (lorsqu'il fait très froid, je prends soin de les stocker et les développer dans ma doudoune!). De retour à la maison, je les laisse sécher au moins 24 heures avant de me mettre au travail.
C'est là que les choses sérieuses commencent. Mais pas de panique cela reste accessible pour peu que vous ayez ôté vos mouffles :
- 1 : Faire chauffer de l'eau dans une casserole. Selon la température, vous obtiendrez des résultats différents. En effet, si l'eau est raisonnablement chaude, autour de 60/70° votre polaroïd sera très élastique et vous pourrez lui donner des formes particulières en l'étirant. En revanche, si l'eau est très chaude (frémissante), le support sera pratiquement indéformable, mais le rendu sera très proche de l'aquarelle. Voici deux exemples :

Arborescences
Lotus
Eau chaude
Eau très chaude
Le premier exemple a été obtenu avec de l'eau chaude sans plus. Lors du montage, le pola était très élastique et à présent, il dépasse largement le format originel. Le deuxième exemple obtenu avec de l'eau frémissante, a gardé sa taille initiale mais sa texture a littéralement fondu dans le papier. Avec ce type de pelliculage, beaucoup croient voir une aquarelle!

- 2 : Lorsque je vois apparaître des petites cloques à la surface du polaroïd, je le transfère dans une cuvette remplie d'eau tiède.
- 3 : Nous abordons ici la partie la plus délicate, celle qui consiste à décoller la péllicule du support. Pour ma part, je commence par décoller le bord transparent avec l'embout en coutchouc d'une pince à tirages. Ensuite, je finis le travail avec les doigts en tirant TRES délicatement la pellicule.
Une autre technique plus douce mais aussi beaucoup plus lonque (et qui ne fonctionne pas à tous les coups) : comme précédemment, décoller le bord transparent avec une pince sur les 4 cotés, et remuer ensuite la cuvette avec des mouvements de va-et-vient jusqu'à ce que la totalité de la surface pelliculée se décolle.
- 4 : Vous voilà à présent avec une sorte de méduse gélatineuse au fond de votre cuvette. Pas de panique, elle ne pique pas! Il faut simplement la transférer sur le support choisi (pour ma part, je travaille avec du papier aquarelle, mais je pense que l'on peut vraiment envisager beaucoup d'autres supports). Pour cela j'utilise une feuille d'acétate transparente (un intracalaire de classeur). Je fais glisser le pola sur cette feuille en prenant soin de mettre le coté extérieur du pola au dessus. Le jeu consiste ensuite à retirer le tout de l'eau en gardant le pola le plus plat possible sur la feuille d'acétate.
- 5 : La dernière étape est la plus ludique puisque vous pouvez enfin exprimer votre créativité. Pour cela, il suffit d'appliquer la feuille d'acétate sur le support en veillant à ne pas laisser de bulles d'air entre le pola et le papier. Vous pouvez à présent donner toutes les formes voulues à moins que vous n'ayez chosi l'option de l'eau très chaude car dans ce cas, vous ne pourrez donner que quelques plis au endroits voulus.
- 6 : Le séchage peut être assez délicat car le papier, même de très bonne qualité, a tendance à gondoler. J'ai choisi de laisser sécher librement et d'intervenir après. Une fois sec, j'applique du spray anti UV et je laisse sécher à nouveau. Enfin, j'humidifie LEGEREMENT le dos du papier avec un spray d'eau thermale, je place le sujet entre deux feuilles de buvard et je l'oublie quelques jours dans un chassis-presse ou à défaut sous 3 tonnes de bouquins!

Voilà, c'est à présent à vous de jouer. Comme toujours, c'est en faisant qu'on apprend, commencez donc par des pola ratés car malgré tout c'est une technique qui coûte cher.



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